Deuxième échographie à 5SG+4

Ce midi, nous avions rendez-vous avec le Dr Eprouvette pour notre deuxième écho. Après le doublé surprise de Mme Pimpin, on se posait la question de savoir ce qui nous attendait là-dedans ^^

Elle nous a reçu avec un peu de retard, avec aux pieds de magnifiques baskets dorées (Le Geek voulait que je prenne une photo pour vous montrer, je n’ai pas eu l’occasion). On discute quelques minutes puis on passe à côté.

C’est le moment qu’ appréhende le plus mon Geek alors que, étrangement, je suis plutôt sereine. Il est derrière moi et je sens sa main qui attrape la mienne.

On voit tout de suite le sac et, par rapport à la premier écho, il y a plein d’autres choses qui apparaissent !
Nous avons là un embryon de presque 10mm avec un petit cœur qui clignote <3

Elle prends quelques mesures (j’ai un kyste de 30mm sur l’ovaire droit, ce qui explique mes petites douleurs) puis, avant de terminer, nous dit qu’elle va quand même vérifier s’il n’y en a pas un autre ^^

Je suis donc à 5SG + 4 et tout va bien. Alors bon, je suis crevée et barbouillée en permanence, mes seins sont énormes et douloureux mais ça va. D’après ce que j’ai lu sur le site du CRAT, le Donormyl que je prends (suite à vos conseils) pour éviter le Tour de France la nuit est utilisé en Amérique du Nord pour lutter contre les nausées tout au long de la grossesse (il n’a cependant pas d’AMM en France pour ça). Ce qui pourrait expliquer que je n’en ai pas pour le moment. Croisons les doigts !

En gloussant comme des gosses, nous avons ensuite pris rdv au service d’échographie obstétricale de la clinique pour l’échographie du premier trimestre. Puis nous verrons le Dr Éprouvette pour la déclaration de grossesse et le résultat du dépistage de la trisomie 21.

Voilà, ça devient sacrément concret. Nous sommes enceinte.

Le point de vue du Geek <3

Mon Geek m’a offert ce texte pour la Saint-Valentin. Il souhaitait le partager avec vous, nos soutiens de la première heure, et avec ceux qui, peut-être, découvrent que leur vie va se compliquer.

Il y a d’abord le premier recueil dans ce CHU propre et neuf d’extérieur mais qui fait un peu glauque quand j’arrive dans les couloirs où les recueils se passent, dans un entre-sol sombre et complètement vide en ce début de mois d’août 2012.

Ensuite vient le premier recueil. Notez bien la marche à suivre, vous le ferez plusieurs fois (j’espère le moins souvent possible) :

-faire pipi
-se laver les mains
-se badigeonner le sexe de Dakin
-se relaver les mains
-essayer de se mettre dans le « mood » pour performer
-être aux aguets du moindre bruit, se demander si on en fait pas trop, du bruit, de peur de révéler ce que l’on est en train de faire là-dedans alors que tout le monde le sait ce qu’on y fait
-recueillir le résultat dans un petit pot en plastique
-se rhabiller
-appeler la laborantine et l’attendre
-partir sans se retourner de peur de voir une moue ou un expression quant à la quantité ou qualité du recueil.

Mais j’oublie vite, je me dit que j’aurais les résultats bientôt et comme toutes les prises de sang que j’ai fait jusque là dans ma vie, tout sera dans les normes.

Puis vient le jour où les résultats sont disponibles. Je me rend à nouveau au CHU moche entre midi et deux, je parcours les couloirs à la recherche d’un humain capable de trouver ces foutus résultats et pouvoir être à l’heure au bureau. Ah une blouse blanche ! La dame (aucune idée si j’ai affaire à un docteur, une infirmière ou une secrétaire) fouille dans la pile de résultats, trouve les miens, y jette un oeil et prononce ces mots :

« Faut pas vous en faire, c’est pas si mal. Vous savez, il en suffit d’un. »

(Parenthèse : le « Il en suffit d’un », vous allez l’entendre souvent. L’équivalent du « Il suffit de ne pas y penser » pour les PMettes)

Je ne comprend pas trop, je jette un oeil rapide au papier mais je suis pressé de retourner au boulot. A ce moment-là, je ne réalise pas encore, je suis sûr que tout va bien de mon côté. Tout en retournant à la voiture, j’appelle la Chérie, je lui lis la conclusion pleine de mots comme oligozoospermie et tératozoospermie. Des mots tellement bizarres malgré un bac S spécialité SVT que je suis obligé encore aujourd’hui d’aller voir sur le blog de la Chérie pour m’en rappeler et même le correcteur orthographique ne les connait pas.

Pendant que je retourne au boulot, la Chérie me rappelle pour m’expliquer ce qu’elle a trouvé sur Google. Ca n’a pas l’air top mais à priori, je n’ai que 2 défauts sur 3. Pour faire simple, dans mon cas, j’ai peu de zozios et ils ont une sale gueule mais ils bougent bien. Mouais.

J’arrive au boulot avec 5 minutes d’avance, je coupe le contact et je relis bien du début à la fin le résultat du spermogramme. Et là les chiffres font mal. 5 fois moins de zozios que la normale. Mais le chiffre qui achève, c’est le 94% d’atypiques. Ouch. Là on est mal barré.

Bon ben maintenant, faut aller bosser hein. Aligner de la ligne de code et faire de jolis Powerpoint pour la prochaine réunion.

Le soir et les jours qui suivent, j’en parle avec la Chérie. Je me dis que c’est peut-être temporaire à cause de l’épididymite un mois plus tôt (la seconde après une sévère et douloureuse 5 ans plus tôt). Et puis j’oscille entre psychotage et oubli temporaire pendant tout le mois d’août puisque la gynéco est en vacances.

Puis vient enfin la consultation et l’annonce : Allez à la case PMA, ne touchez pas une descendance, restez-y des mois ou des années.

On décide d’aller voir avec la Chérie du côté de la clinique privée plus proche que le gros CHU du premier spermogramme. Je refait un spermogramme à distance de l’épididymite et le diagnostic est confirmé.

Mais c’est pas bien grave, hein, votre cas n’est pas si sévère, on va y arriver avec une simple IAC.
Je vais faire quelques examens dont la très « agréable » (les guillemets marquent ici un niveau d’ironie élevé) échographie de la prostate. 32 ans, c’est un peu jeune pour un examen de la prostate. Mais je me plains pas, j’ai vu l’état dans lequel était la Chérie après l’hystérosalpingographie alors avoir un peu mal au culcul, je sers les fesses et je me tais.

Et viennent les premiers protocoles (spoiler alert, le premier ne va pas suffire), la Chérie se plante des aiguilles dans le ventre tous les jours. Elle produit un beau follicule à chaque fois.

Et de mon côté, j’espère juste assurer le jour de l’insémination. Dans mon cas, la première fut épique avec une gastro carabinée et de la fièvre. A un point que pendant plusieurs heures avant le recueil, j’ai bien cru ne pas pouvoir aller au centre et faire mon affaire avec le pot en plastique. Mais je pense aux piqures de la Chérie depuis 15 jours. Alors je me bourre d’Imodium, je me bouge le cul, je fais mon affaire et je rentre comater jusqu’à l’heure de l’insémination.

Pour info, quelque soit le nombre de protocoles (4 de IAC et 3 de FIV dans notre cas), à chaque recueil, le stress de ne pas y arriver est là. Faut dire qu’on ne nous demande qu’une chose à nous les PMeux, c’est de livrer le peu qu’on peut au moment opportun.

Et on a pas envie de se plaindre parce que la Chérie elle, elle en bave avec les piqures, les échos endovaginales et les effets secondaires du traitement hormonal.

Votre boulot c’est de la soutenir, de pas trop lui chercher des poux (ou alors vous allez comprendre votre douleur) et d’essayer de pas trop culpabiliser. En ce qui me concerne, j’avais des réflexes de fuite. C’est l’heure de la piqure ? Oh ben allez je vais débarrasser la table ou sortir la poubelle.

La culpabilité c’est le plus dur. Et le doute aussi.

Florilège des idées à la con induites par le doute :

-Ça serait tellement plus simple de la rendre heureuse si elle allait voir ailleurs
-Et si ça marche pas, on fait quoi ? Si on bouffe toutes nos cartouches Sécu hein ? Va falloir mettre de l’argent de côté. Est-ce qu’au moins je vais être foutu d’assurer financièrement ?
-Bon et le don de sperme hein ? Ben ouais mais je suis fils unique, j’aimerais bien que la lignée s’éteigne pas avec moi quoi.
-Et l’adoption ? Est-ce que je suis prêt à n’être parent qu’à 40 berges et pouvoir être en âge d’être le père des autres parents d’élèves dans la classe de mon/ma gosse ?

Y en a d’autres des idées à la con, hein, je met juste celles qui me viennent là maintenant tout de suite sans réfléchir.

Bref, le temps passe, les IAC passent dont la 3ème et son résultat négatif pendant les vacances à NYC. Ou la 4ème et sa grossesse bio-chimique à 7ui (en gros, un faux positif qui fout bien les boules après un espoir le temps d’un weekend).

Puis viennent les FIVs. Les piqures de dingue avec des aiguilles énormes qu’il faut faire à la Chérie dans le bras (pas moyen de s’échapper là). L’hospitalisation, le stress x1000 pour le recueil. D’ailleurs on apprends à cette occasion que la récolte de follicule de la Chérie est moyenne, rien à voir avec les 10 ou 15 que l’on peut voir ailleurs.

(Une parenthèse ici pour revenir sur la culpabilité. On pourrait croire en découvrant un soucis chez la Chérie que la culpabilité baisserait. Je vous arrête tout de suite, c’est pas le cas. Je suis toujours aussi dégouté de pas pouvoir produire une semence de qualité pour les précieux ovocytes de la Chérie. Et en plus l’espoir et le moral se cassent la gueule parce que ce n’est plus un problème mais deux qu’on doit résoudre. Youpi !)

Donc, FIV 1, FIV classique (sans la pipette, on met juste les nageurs à proximité des ovocytes), 4 ovocytes qui donnent 4 embryons. Joie intense, moral à bloc. Transfert d’un embryon à J3. Mais les 3 autres ne tiennent pas, pas de Findus (d’embryons congelés hein).

Doute à nouveau, espoir pendants 2 semaines, bébé Schrödinger (tant qu’on regarde pas dans la boite, le chat de Schrödinger est à la fois mort et vivant, idem pour l’embryon dans le ventre de la Chérie). Et puis test de grossesse et taux à 0. Boum. Allez au revoir, même la FIV ça marche pas. Je vous épargne les détails sur les états d’âme jusqu’à la FIV 2.

FIV 2, nouveau protocole pour les piqures pour une meilleure récolte. Résultat ? Moins bon, qualité des embryons misérable, pas un seul ne tient jusqu’au transfert. Voilà ça c’est fait. On avait pas encore fait le protocole (et l’hospitalisation et l’anesthésie) pour rien.

Moral à zero, plusieurs grosses crises de nerfs et de larmes pour tous les deux.

FIV 2 bis (bis parce que sans transfert, ça compte pas pour la Sécu, c’est déjà ça). On repart sur le protocole de FIV 1, mais là on déconne plus. Ca sera FIV ICSI avec pipette (après le test MSOME, la FIV IMSI à très fort grossissement et gros dépassement d’honoraire n’est pas indiquée) et transfert de 2 embryons.

Après les mois de repos avant cette FIV et à priori un protocole plus adapté à notre cas, on a une meilleure récolte et surtout de très beaux embryons (dont un en fusion – le geek que je suis a tout de suite noté la référence à Dragonball Z). Donc on en transfert deux et on en congèle 3. Le dernier des 6 embryons ne tiendra pas.

15 jours de Schröndinger et on ouvre la boite (test sanguin) et là un putain de taux de dingue à 123, confirmé par un taux de 423 (gigawatts!) 2 jours plus tard.

C’était il y a une 1 semaine. Depuis on a eu notre première écho (privilège de la PMA, des photos prénatales, vous allez en avoir un paquet) et le sac gestationnel (donc un des 2 embryons ne s’est pas accroché) est au bon endroit.

Et pourtant je n’arrive pas à me réjouir vraiment. Je pense que je commence à réaliser et que d’être père n’est plus qu’à 9 mois maintenant mais je n’arrive pas à me réjouir. Après 2 ans et demi d’essais bébé, on a le temps de lire des blogs de PMettes et de se documenter, d’enregistrer toutes les horreurs qui peuvent encore arriver. Encore en ce moment même où je tape ces mots, j’ai peur que d’écrire ce texte en forme de conclusion à notre galère pour devenir parents ne jette un sort et qu’on ait une mauvaise surprise bientôt. Oui moi le geek, le mec le plus cartésien que je connaisse et complètement athée, je parle de superstition. La PMA, ça vous change un homme.

Donc j’ai envie de dire aux PMeux, courage à vous si vous êtes en galère. C’est très dur la PMA, y’a pas d’assurance de résultats, je ne sais même pas si ça en vaut le coup (je ne suis pas encore père, j’ai peut-être fait tout ça pour au final en baver. Non je déconne, je vais adorer être père). Mais ça vous met du plomb dans la tête et ça vous cimente un couple plus fortement que de la Super Glue.

Première échographie à 3SG+4

Lundi matin, j’ai appelé le centre pour connaître la suite du programme. L’assistante du Dr Eprouvette m’a donc donné un « rdv de consultation » pour aujourd’hui.

A 15h, j’ai rejoint le Geek dans cette salle d’attente que nous connaissons bien. J’ai eu l’impression d’être de retour 16 mois en arrière, quand nous attendions notre toute première consultation avec celle qui, nous l’espérions, allait changer notre vie.

Etrangement, je n’ai commencé à penser à ce rdv que quelques heures avant, alors que j’étais de retour au bureau et que je croulais sous les trucs urgents (forcément hein ; absentez-vous 3 jours pour déménager et c’est l’apocalypse !!).

Elle nous a reçu très rapidement et une fois dans son bureau je reconnais avec plaisir le livre de La Fille. C’est une patiente qui lui a prêté (j’y avais pensé sans oser) et nous en avons discuté quelques minutes, avant qu’elle ne nous invite à passer à côté.

Je m’installe sur le fauteuil d’examen, le Geek me tient la main pendant que la sonde nous dévoile, suspense, une seule petite tâche noire <3

Je suis à 3SG +3 et on ne voit pas encore l’embryon mais le sac gestationnel est bien là, avec la vésicule vitelline. Il mesure 7,2mm et est très bien placé.

Malgré quelques galères d’imprimante, nous repartons avec une photo de notre Précieux, une ordonnance pour une prise de sang (je suis rhésus négatif alors que le Geek est rhésus positif) et un rdv dans 15 jours pour une seconde écho :)

Brèves #15

Il reste encore quelques trucs dans notre ancienne maison. Les travaux dans la nouvelle maison ne sont pas encore terminés. Il y a des cartons et de la poussière de plâtre partout.

Je dois supporter mes parents et mes beaux-parents, qui me traitent comme si j’étais en cristal. Résultat, je suis tellement énervée que j’ai
pété ma coche hier soir quand j’ai cru que ma belle-mère quelqu’un avait perdu Petit Chaton.

Et je suis crevée comme je ne l’ai jamais été. Là, je donnerait tout pour fermer les yeux mais je ne peux pas, le maçon finit la salle de bain.

Vivement jeudi et notre rdv avec le Dr Éprouvette !!

Un joli taux pour fêter notre nouvelle maison !

Aujourd’hui, on déménage dans notre nouvelle maison !!
Ce matin, pendant que le Geek et son meilleur ami allaient chercher le camion, je me suis rendue au labo pour faire ma seconde prise de sang.

J’ai un peu surjoué mais j’ai obtenu d’avoir mon taux par mail « en urgence » quelques heure plus tard au lieu de lundi.

Le résultat est arrivé vers midi et j’ai tout de suite appelé mon amoureux qui était en train de charger mon précieux Camélia dans le camion.

Ce second taux nous remplit de joie, il est à 423ui !!

Le labo devait faxer les résultats au Dr Éprouvette dans la foulée et j’appellerais le centre lundi pour connaître la marche à suivre.

Je suis enceinte. Le truc de fou !

Somewhere Over the Rainbow

Il y a des chansons qui vous gonflent le cœur d’amour et de joie. C’est le cas de cette version de « Somewhere Over the Rainbow » chantée par Israel Kamakawiwo’ole. A chaque fois que je l’écoute, les larmes coulent sur mes joues et je souris.

Cette chanson, ça fait 2 ans, 5 mois et 1 semaine que je la garde précieusement pour ce moment si particulier.

Je ne sais pas ce que nous réserve demain mais, aujourd’hui, je veux savourer avec mon Geek ce bonheur inconnu.

C’est positif, mon taux est de 163ui !!

Fusion ~ FIV #2bis

Suite à cette histoire de « fusion », j’ai voulu appeler le labo du centre FIV hier pour avoir des infos. Manque de bol, à 15h le vendredi, le standard est fermé. Mais, grande nouveauté, ils ont une adresse mail !! J’ai donc fait un gentil petit mail, en me disant que j’aurais la réponse sous quelques jours. Hé bien non, c’est la biologiste herself qui m’a répondu tout à l’heure !!

Voilà ce qu’elle nous écrit au sujet de l’état « fusion » pour un embryon :

La fusion correspond à un stade plus avancé que le stade 8 cellules que l’on observe à J3 et c’est de bon pronostic.

Plutôt pas mal, non ?! :D