Le point de vue du Geek <3

Mon Geek m’a offert ce texte pour la Saint-Valentin. Il souhaitait le partager avec vous, nos soutiens de la première heure, et avec ceux qui, peut-être, découvrent que leur vie va se compliquer.

Il y a d’abord le premier recueil dans ce CHU propre et neuf d’extérieur mais qui fait un peu glauque quand j’arrive dans les couloirs où les recueils se passent, dans un entre-sol sombre et complètement vide en ce début de mois d’août 2012.

Ensuite vient le premier recueil. Notez bien la marche à suivre, vous le ferez plusieurs fois (j’espère le moins souvent possible) :

-faire pipi
-se laver les mains
-se badigeonner le sexe de Dakin
-se relaver les mains
-essayer de se mettre dans le « mood » pour performer
-être aux aguets du moindre bruit, se demander si on en fait pas trop, du bruit, de peur de révéler ce que l’on est en train de faire là-dedans alors que tout le monde le sait ce qu’on y fait
-recueillir le résultat dans un petit pot en plastique
-se rhabiller
-appeler la laborantine et l’attendre
-partir sans se retourner de peur de voir une moue ou un expression quant à la quantité ou qualité du recueil.

Mais j’oublie vite, je me dit que j’aurais les résultats bientôt et comme toutes les prises de sang que j’ai fait jusque là dans ma vie, tout sera dans les normes.

Puis vient le jour où les résultats sont disponibles. Je me rend à nouveau au CHU moche entre midi et deux, je parcours les couloirs à la recherche d’un humain capable de trouver ces foutus résultats et pouvoir être à l’heure au bureau. Ah une blouse blanche ! La dame (aucune idée si j’ai affaire à un docteur, une infirmière ou une secrétaire) fouille dans la pile de résultats, trouve les miens, y jette un oeil et prononce ces mots :

« Faut pas vous en faire, c’est pas si mal. Vous savez, il en suffit d’un. »

(Parenthèse : le « Il en suffit d’un », vous allez l’entendre souvent. L’équivalent du « Il suffit de ne pas y penser » pour les PMettes)

Je ne comprend pas trop, je jette un oeil rapide au papier mais je suis pressé de retourner au boulot. A ce moment-là, je ne réalise pas encore, je suis sûr que tout va bien de mon côté. Tout en retournant à la voiture, j’appelle la Chérie, je lui lis la conclusion pleine de mots comme oligozoospermie et tératozoospermie. Des mots tellement bizarres malgré un bac S spécialité SVT que je suis obligé encore aujourd’hui d’aller voir sur le blog de la Chérie pour m’en rappeler et même le correcteur orthographique ne les connait pas.

Pendant que je retourne au boulot, la Chérie me rappelle pour m’expliquer ce qu’elle a trouvé sur Google. Ca n’a pas l’air top mais à priori, je n’ai que 2 défauts sur 3. Pour faire simple, dans mon cas, j’ai peu de zozios et ils ont une sale gueule mais ils bougent bien. Mouais.

J’arrive au boulot avec 5 minutes d’avance, je coupe le contact et je relis bien du début à la fin le résultat du spermogramme. Et là les chiffres font mal. 5 fois moins de zozios que la normale. Mais le chiffre qui achève, c’est le 94% d’atypiques. Ouch. Là on est mal barré.

Bon ben maintenant, faut aller bosser hein. Aligner de la ligne de code et faire de jolis Powerpoint pour la prochaine réunion.

Le soir et les jours qui suivent, j’en parle avec la Chérie. Je me dis que c’est peut-être temporaire à cause de l’épididymite un mois plus tôt (la seconde après une sévère et douloureuse 5 ans plus tôt). Et puis j’oscille entre psychotage et oubli temporaire pendant tout le mois d’août puisque la gynéco est en vacances.

Puis vient enfin la consultation et l’annonce : Allez à la case PMA, ne touchez pas une descendance, restez-y des mois ou des années.

On décide d’aller voir avec la Chérie du côté de la clinique privée plus proche que le gros CHU du premier spermogramme. Je refait un spermogramme à distance de l’épididymite et le diagnostic est confirmé.

Mais c’est pas bien grave, hein, votre cas n’est pas si sévère, on va y arriver avec une simple IAC.
Je vais faire quelques examens dont la très « agréable » (les guillemets marquent ici un niveau d’ironie élevé) échographie de la prostate. 32 ans, c’est un peu jeune pour un examen de la prostate. Mais je me plains pas, j’ai vu l’état dans lequel était la Chérie après l’hystérosalpingographie alors avoir un peu mal au culcul, je sers les fesses et je me tais.

Et viennent les premiers protocoles (spoiler alert, le premier ne va pas suffire), la Chérie se plante des aiguilles dans le ventre tous les jours. Elle produit un beau follicule à chaque fois.

Et de mon côté, j’espère juste assurer le jour de l’insémination. Dans mon cas, la première fut épique avec une gastro carabinée et de la fièvre. A un point que pendant plusieurs heures avant le recueil, j’ai bien cru ne pas pouvoir aller au centre et faire mon affaire avec le pot en plastique. Mais je pense aux piqures de la Chérie depuis 15 jours. Alors je me bourre d’Imodium, je me bouge le cul, je fais mon affaire et je rentre comater jusqu’à l’heure de l’insémination.

Pour info, quelque soit le nombre de protocoles (4 de IAC et 3 de FIV dans notre cas), à chaque recueil, le stress de ne pas y arriver est là. Faut dire qu’on ne nous demande qu’une chose à nous les PMeux, c’est de livrer le peu qu’on peut au moment opportun.

Et on a pas envie de se plaindre parce que la Chérie elle, elle en bave avec les piqures, les échos endovaginales et les effets secondaires du traitement hormonal.

Votre boulot c’est de la soutenir, de pas trop lui chercher des poux (ou alors vous allez comprendre votre douleur) et d’essayer de pas trop culpabiliser. En ce qui me concerne, j’avais des réflexes de fuite. C’est l’heure de la piqure ? Oh ben allez je vais débarrasser la table ou sortir la poubelle.

La culpabilité c’est le plus dur. Et le doute aussi.

Florilège des idées à la con induites par le doute :

-Ça serait tellement plus simple de la rendre heureuse si elle allait voir ailleurs
-Et si ça marche pas, on fait quoi ? Si on bouffe toutes nos cartouches Sécu hein ? Va falloir mettre de l’argent de côté. Est-ce qu’au moins je vais être foutu d’assurer financièrement ?
-Bon et le don de sperme hein ? Ben ouais mais je suis fils unique, j’aimerais bien que la lignée s’éteigne pas avec moi quoi.
-Et l’adoption ? Est-ce que je suis prêt à n’être parent qu’à 40 berges et pouvoir être en âge d’être le père des autres parents d’élèves dans la classe de mon/ma gosse ?

Y en a d’autres des idées à la con, hein, je met juste celles qui me viennent là maintenant tout de suite sans réfléchir.

Bref, le temps passe, les IAC passent dont la 3ème et son résultat négatif pendant les vacances à NYC. Ou la 4ème et sa grossesse bio-chimique à 7ui (en gros, un faux positif qui fout bien les boules après un espoir le temps d’un weekend).

Puis viennent les FIVs. Les piqures de dingue avec des aiguilles énormes qu’il faut faire à la Chérie dans le bras (pas moyen de s’échapper là). L’hospitalisation, le stress x1000 pour le recueil. D’ailleurs on apprends à cette occasion que la récolte de follicule de la Chérie est moyenne, rien à voir avec les 10 ou 15 que l’on peut voir ailleurs.

(Une parenthèse ici pour revenir sur la culpabilité. On pourrait croire en découvrant un soucis chez la Chérie que la culpabilité baisserait. Je vous arrête tout de suite, c’est pas le cas. Je suis toujours aussi dégouté de pas pouvoir produire une semence de qualité pour les précieux ovocytes de la Chérie. Et en plus l’espoir et le moral se cassent la gueule parce que ce n’est plus un problème mais deux qu’on doit résoudre. Youpi !)

Donc, FIV 1, FIV classique (sans la pipette, on met juste les nageurs à proximité des ovocytes), 4 ovocytes qui donnent 4 embryons. Joie intense, moral à bloc. Transfert d’un embryon à J3. Mais les 3 autres ne tiennent pas, pas de Findus (d’embryons congelés hein).

Doute à nouveau, espoir pendants 2 semaines, bébé Schrödinger (tant qu’on regarde pas dans la boite, le chat de Schrödinger est à la fois mort et vivant, idem pour l’embryon dans le ventre de la Chérie). Et puis test de grossesse et taux à 0. Boum. Allez au revoir, même la FIV ça marche pas. Je vous épargne les détails sur les états d’âme jusqu’à la FIV 2.

FIV 2, nouveau protocole pour les piqures pour une meilleure récolte. Résultat ? Moins bon, qualité des embryons misérable, pas un seul ne tient jusqu’au transfert. Voilà ça c’est fait. On avait pas encore fait le protocole (et l’hospitalisation et l’anesthésie) pour rien.

Moral à zero, plusieurs grosses crises de nerfs et de larmes pour tous les deux.

FIV 2 bis (bis parce que sans transfert, ça compte pas pour la Sécu, c’est déjà ça). On repart sur le protocole de FIV 1, mais là on déconne plus. Ca sera FIV ICSI avec pipette (après le test MSOME, la FIV IMSI à très fort grossissement et gros dépassement d’honoraire n’est pas indiquée) et transfert de 2 embryons.

Après les mois de repos avant cette FIV et à priori un protocole plus adapté à notre cas, on a une meilleure récolte et surtout de très beaux embryons (dont un en fusion – le geek que je suis a tout de suite noté la référence à Dragonball Z). Donc on en transfert deux et on en congèle 3. Le dernier des 6 embryons ne tiendra pas.

15 jours de Schröndinger et on ouvre la boite (test sanguin) et là un putain de taux de dingue à 123, confirmé par un taux de 423 (gigawatts!) 2 jours plus tard.

C’était il y a une 1 semaine. Depuis on a eu notre première écho (privilège de la PMA, des photos prénatales, vous allez en avoir un paquet) et le sac gestationnel (donc un des 2 embryons ne s’est pas accroché) est au bon endroit.

Et pourtant je n’arrive pas à me réjouir vraiment. Je pense que je commence à réaliser et que d’être père n’est plus qu’à 9 mois maintenant mais je n’arrive pas à me réjouir. Après 2 ans et demi d’essais bébé, on a le temps de lire des blogs de PMettes et de se documenter, d’enregistrer toutes les horreurs qui peuvent encore arriver. Encore en ce moment même où je tape ces mots, j’ai peur que d’écrire ce texte en forme de conclusion à notre galère pour devenir parents ne jette un sort et qu’on ait une mauvaise surprise bientôt. Oui moi le geek, le mec le plus cartésien que je connaisse et complètement athée, je parle de superstition. La PMA, ça vous change un homme.

Donc j’ai envie de dire aux PMeux, courage à vous si vous êtes en galère. C’est très dur la PMA, y’a pas d’assurance de résultats, je ne sais même pas si ça en vaut le coup (je ne suis pas encore père, j’ai peut-être fait tout ça pour au final en baver. Non je déconne, je vais adorer être père). Mais ça vous met du plomb dans la tête et ça vous cimente un couple plus fortement que de la Super Glue.

47 réflexions au sujet de « Le point de vue du Geek <3 »

  1. Magnifique monsieur Geek, tu m’as fait pleuré …
    C’est marrant y’a quelques semaines je demandais justement à la chérie si c’était pas trop stressant pour toi les prélevement, parce que qu’on y pense ça doit être très stressant. Chapeau !
    C’est cool de voir un peu le point de vue du geek, j’espère que ça va aider d’autres PMeux.

    1. Mon but n’était pas de faire pleurer, hein. Je décline toute responsabilité pour les larmes. A part celles de la chérie bien sûr ;)
      Et en effet mon but était de partager mon expérience aux PMeux mais aussi aux PMettes qui se peuvent parfois se demander ce qu’il se passe dans la caboche de leur PMeu.

  2. Quel résumé avec tout dedans ! Du « Bon ben maintenant, faut aller bosser hein » à la fuite des pikouzes, en passant par la culpabilité, la superstition qui pointe son nez, le temps qui passe en année… Merci pour ce texte et merci de connaitre enfin le Geek !
    Désormais, après 2 ans et demi de contrôle, pikouzes, taux…. j’espère que vous allez vous réadapter au temps « classique » et bien moins médicalisé de la grossesse (hyper dur à faire quand on est habitué à vivre au rythme de la pma… et même si les échos intermédiaires sont un plus, c’est pas simple de laisser passer 2-3 semaines sans médicalisation). Bref, je lis bien tes craintes en fin du texte, une seule chose à garder en tête « il n’y a pas de raisons » et à partir de maintenant « nul ne peut influer sur la suite » (dixit ma gygy). Je vous souhaite que tout se passe au mieux, j’espère que vous serait bientôt sereins, hâte de lire le relâchement et les nouvelles des nouveaux mois de vie qui sont en train de se produire ! Bises

    1. Merci pour ce très beau commentaire plein d’espoir pour nous. On espère que nos galères étaient juste dues à un soucis de conception et que la gestation se passera sans accroc maintenant.

  3. Merci, car ce texte m’a émue, touchée et aussi amusée. En plus, et même si je sais bien qu’il restera des moments de stress, ya un happy end. Alors c’est vraiment chouette :-)

  4. Merci le Geek! c’est à la fois beau, touchant, utile…
    J’avoue, j’ai franchement ri (et je sors d’une ponction toute fraîche, c’était pas vraiment le moment…!!!) en lisant : « Votre boulot c’est de la soutenir, de pas trop lui chercher des poux (ou alors vous allez comprendre votre douleur) »…;)
    Je vous souhaite à tous deux beaucoup de bonheur. Au plaisir de te relire.

  5. J’aime toujours autant lire les points de vue masculins ! Merci à toi Le Geek pour ce joli message.
    Je te trouve des points communs avec mon Barbu qui, même une fois passé l’écho des 12 SA, arrivait encore à douter. J’ai eu l’impression de vivre avec un grand angoissé alors que ce n’est pas du tout dans son caractère. Peut être que nous les femmes avons un ressenti inconscient du lien avec notre bébé qui nous rassure et que vous n’avez pas vous les PMeux…
    Dis toi qu’il vous reste encore de longs mois pour que l’idée se fasse petit à petit dans ta tête, et à la limite c’est bien que ça se fasse en douceur, vous savourerez plus !

  6. enfin un pmeu qui s’exprime. Et ça fait du bien, j’ai un ami dans le même cas que toi (et que vous donc) pour eux les 3 FIVs n’ont rien données, et il est parfois difficile d’en parler avec lui, parce qu’on a beaux être amis, parfois il y a des choses plus durs à dires que d’autres. Elle se livre beaucoup, et il s’efface un peu, derrière son angoisse à elle, alors qu’au fond, il doit lui aussi en chier grave (pour rester polie)

    Bravo pour ce beau témoignage !

    1. Y a de multiples raisons qui font que les PMeux s’expriment moins que les PMettes : l’atteinte à la virilité par exemple est déjà assez dure à supporter alors on va pas en plus se plaindre et faire sa « mauviette ». Ensuite physiquement le PMeu ne souffre pas comme la PMette dans sa chair. Et puis la culpabilité ça n’aide pas non plus. Du courage à tes amis.

  7. Je suis très contente de lire et quasiment d’entendre parler l’Hôm de notre Kaellie !
    Le geek (et ses références geekesques de folie) m’a permis de me dire que non, je n’étais pas totalement dingue (ou alors on est nombreux à l’être, je ne sais pas si c’est rassurant) de flipper comme pas possible depuis que le positif est venu éclairer notre chemin de Pmeux Pmette. Je me sens comme le disait Biscote au début de sa grossesse : je voudrai qu’on m’assomme jusqu’à la prochaine écho. c’est dire.
    Enfin, lire les réactions de l’Hôm dans un couple de Pmeux est très très important car cela éclaire les fifilles que nous sommes et cela projette une belle lumière sur nos âmes soeurs, fragiles et flippées et qui l’assume… je suis de tout coeur avec vous deux le geek !Vivement la suite !

    1. Cette attente est affreuse. On en est à peine au tiers du chemin vers les 12 SA. Il me tarde vraiment de passer ce cap. Pour l’instant je suis encore dans la PMA dans ma tête.

  8. Merci Kaellie pour ce texte que tu nous partages… Ca fait vraiment plaisir de lire le point de vue d’un homme car il est parfois bien difficile de savoir ce qui se passe dans la tête du nôtre. Je réalise que certaines choses qui moi ne m’affectent pas tant que ça peuvent lui le toucher énormément… J’ai si peur que cette PMA où, objectivement, je râle beaucoup, nous use, l’use, parce que lui est souvent un peu spectateur de tous ces traitements. Je me sens si demandeuse dans ces moments où physiquement, je souffre. Alors que lui souffre aussi, différemment. Je vous souhaite beaucoup de joie :)

    1. Oui, nos hommes souffrent aussi, différemment et en silence pour la très grande majorité. C’est pour ça que j’ai voulu partager ce texte avec vous, je pensais qu’il ferait du bien à tout le monde.
      Je t’embrasse fort <3

  9. ahhhhh cool d’avoir enfin le point de vue d’un homme !! c’était très bien écrit en tout cas, il sait passer le message !!
    bravo à monsieur et on continue de croiser les doigts pour que la grossesse se déroule bien !!!

  10. Mais quel plaisir de découvrir la plume du Geek ! Monsieur Pimpin est discret mais il a tout lu et j’ai senti beaucoup d’émotion à sa lecture. A fond les gigawatts pour que la suite soit belle. Des bisous à tous les deux !

  11. Ca faisait longtemps qu’un homme ne m’avait pas fait pleurer!!! Wouha…merci le geek pour ce temoignage plein de sincerite et d’amour pour ta cherie! Je croise toujours pour que les nouvelles restent bonnes. Gros bisous à vous.

  12. Merci le Geek de t’être livré ainsi. Très touchant.
    Mais si je peux juste me permettre : « la lignée » ne « s’éteint » pas avec un enfant issu du don…
    Belle route à vous. Profitez, savourez…

    1. Je parlais juste de la lignée génétique. Je fais partie de ces gens qui pensent que l’acquis vaut tout autant que l’inné, que l’éducation vaut au moins autant que les gènes. En cas de don, il faut faire le deuil du « Tiens t’as mes cheveux. Et les yeux de ton grand-père ». Petit sacrifice, somme toute, si ça veut dire d’avoir un enfant.

  13. Merci pour cet article que je me suis empressée de faire lire à mon mari. Il tient a vous remercier également, ça lui a fait beaucoup de bien de lire le témoignage d’un homme dans une situation semblable à la sienne. Merci !

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